Séminaire 11 février 2027

05/09/2026
CGN

Pas d’histoire littéraire de la Révolution sans histoire des livres 

Olivier Ritz, professeur de littérature française à l’Université de Poitiers (FoReLLIS)

Pourquoi l’histoire des livres est-elle indissociable de l’histoire littéraire au moment de la Révolution ? D’abord parce que les conditions de production, de circulation, de réception et de conservation des imprimés sont bouleversées, transformant profondément les rapports des lecteurs aux textes. Ensuite parce que ces transformations sont objets de débats politiques et littéraires. Olympe de Gouges écrit sur le risque que ses textes ne soient pas lus, faute de relai médiatique. Louis-Marie Prudhomme convertit des obstacles administratifs et des menaces de censure en arguments publicitaires. Des manuscrits inédits de Rousseau et de Diderot suscitent des discussions passionnées sur le patrimoine littéraire et sa conservation. Les journalistes du Moniteur se moquent des vaines tentatives de Joseph de Maistre pour faire passer ses écrits en France. Si la « liberté de la presse » est un principe fondateur, affirmé avec force dès les premiers mois de la Révolution, sa mise en œuvre et les débats qu’elle suscite soulèvent ainsi des questions très concrètes, qui conditionnent et qui inspirent la production littéraire.